Confluence l’arbre suspendu
2011 / 2023 — Projet in situ, Vitry-sur-Seine
Arbre vivant, terre, acier, câbles, ancrages, système d’irrigation coopératif
Au cœur de la dalle Robespierre, espace minéral enclavé entre les tours, j’imagine un arbre vivant installé au-dessus du sol, suspendu dans l’entre-deux du bâti.
Ni décor, ni spectacle : une présence.
Une respiration de sève dans un quartier saturé de béton.
L’arbre est prélevé avec sa motte entière.
Porté par une structure aérienne ou maintenu par des câbles tendus, il devient la cime d’une place nouvelle — une canopée urbaine partagée.
Sa survie dépend d’un geste collectif : depuis les toitures et les fenêtres, les habitants assurent son irrigation.
Arroser l’arbre revient à irriguer un espace commun.
La responsabilité circule, se transmet, relie.
CONFLUENCE ouvre un territoire symbolique et concret où se rejouent nos liens au vivant :
comment habiter ensemble, comment prendre soin, comment laisser une place au végétal au cœur des villes ?
Le geste propose une cohabitation active — un contrat tacite entre l’arbre et les humains— où chacun influence l’autre.
L’arbre suspendu n’est pas une utopie : c’est un laboratoire.
Un point de rencontre entre les rythmes du vivant et ceux d’un quartier.
Confluence champ de pensée
CONFLUENCE s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place du vivant dans la ville.
Influencée par les travaux de Francis Hallé, Gilles Clément, Jean-Marie Pelt, Olivier Hamant, ou encore Agnès Dénes, je considère l’arbre comme un partenaire, non comme un décor.
Sa présence suspendue interroge :
— Qu’est-ce qu’un territoire vivant ?
— Comment la ville peut-elle devenir un lieu de coopération plutôt que de domination ?
— Quelles formes peut prendre le soin dans un espace commun ?
L’arbre suspendu introduit un ralentissement, une vulnérabilité, une négociation constante : il dépend des habitants, mais les habitants dépendent aussi de lui pour transformer l’espace.
Le geste engage une autre manière d’être ensemble : une forme de confluence entre cycles naturels, gestes humains, usages urbains et imaginaires.
En ce sens, le projet rejoint la pensée du « tiers-paysage » de Clément, les écologies du soin de Pelt, les stratégies du vivant décrites par Hamant.
Il ouvre un espace vivant au cœur de la ville : fragile, collectif, fécond.