Les workshops
Présentation
En 2022, Peau commune trouve un ancrage à l’ile d’Yeu en collaboration avec le projet ODYSSéeYeu porté par Elsa Cariou (chercheuse/ingénieure géologue de l’Université de Nantes) et Agnès Batzler (enseignante chercheuse en géographie de la mer et du littoral). Le tout est chapoté par la Fondation Nantes Université.
La contrainte budgétaire devient un moteur d’invention. La grande peau se défait pour renaître sous la forme de workshops,
espaces de cocréation où chercheurs et habitants
se relient par le geste et la parole.
L’expérience s’élargit : le tissage collectif quitte la seule métaphore du corps social pour explorer celle de la matière commune.
Les matériaux s’ancrent dans le réel du territoire,
la peau se mêle à la terre, la maille au sédiment.
Peau Commune devient un terrain d’échanges,
un atelier de métamorphose où se récolte la parole des habitants : sonder le rythme, la densité et l’humeur de ce territoire insulaire.
Déscription de la maille
Donc, à l’île d’Yeu, Peau Commune devient atelier.
Autour d’une grande table, les habitants se réunissent, tricotent, décousent, rassemblent.
Chaque pull jaune récupéré se débâti, se transforme, s’ajuste, s’assemble au suivant jusqu’à former une maille commune, un corps collectif, poreux et mouvant. Peau Commune est dotée d’une vingtaine d’encolures, sans manche, elle mesure environ six mètres de long et deux mètres cinquante de large. De chaque encolure descend la maille qui s’ajuste aux épaules et remonte sur celles du voisin, ainsi de suite. L’ensemble se referme à la périphérie du groupe, à hauteur de la taille.
Pas de place perdue : les corps sont serrés dedans, les uns contre les autres, liés par le tricot.
La laine confère à l’objet une véritable souplesse : le mouvement des bras n’est pas empêché, seulement retenu, sous couvert.
La sculpture est expérimentale, collective, évolutive et ludique. Portée, elle se tend, se déforme, respire.
Elle n’est pas une performance au sens spectaculaire,
mais un outil de lien, un espace d’expérience.
Elle invite chacun à éprouver et questionner son rapport ambivalent, plurivalent à l’autre.
Lors de la première déambulation, la maille devient paysage et sur la plage, s’accorde aux nuances du sable.
Ce qui se tisse là, c’est moins une œuvre qu’un état :
celui d’un vivre-ensemble réinventé, fragile, joyeux, multiple.