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Cycle du TERRITOIRE

Un cycle sur l’habiter, le commun, la façon dont un lieu se recompose — et nous transforme.

Le cycle Territoire poursuit l’exploration du lien, mais à une échelle élargie : celle du lieu habité, du quartier, du commun.
Il interroge ce qui fait territoire : les gestes qui le traversent, les mémoires qu’il retient, les espaces qu’il ouvre où qu’il contraint. Il est traversé par les forces qui composent un site : la pierre, l’arbre, le fleuve, les gestes ouvriers, les matériaux usés, les architectures en mutation.

Ici, la sculpture devient un outil d’attention.
Elle révèle des continuités invisibles, réactive des ressources oubliées, propose des formes d’habitation poétiques ou critiques.
Chaque projet — réalisé ou resté à l’état d’étude — met à l’épreuve notre manière d’être ensemble : comment on se relie, comment on se décentre, comment on fait place.

Les masses de bois déplacées, les structures en tension, les réseaux détournés, les fibres assemblées, les formes suspendues ou les signaux lumineux composent une même question :
comment un territoire se réorganise lorsqu’on le regarde autrement ?

Territoire explore l’architecture du vivant : ce qui soutient, ce qui perturbe, ce qui circule, ce qui pulse.
C’est un cycle où tout est traversé : du sol au végétal, de l’individu au collectif, du fragile au structurel.

Il propose enfin une idée simple mais essentielle :
un territoire n’existe que par les liens qu’il rend possibles — et par la capacité de chacun à s’y inscrire, s’y ajuster, s’y transformer.

Ou court :

Le cycle Territoire poursuit l’exploration du lien, mais à l’échelle du collectif.
Il interroge les espaces que nous habitons ensemble : leurs frontières, leurs mémoires, leurs possibles.

Un cycle qui cherche comment un territoire se reconstruit, se partage, se réinvente pour accueillir l’altérité

Amarre

Confluence l'arbre suspendu

En corps

Flux

Héritage

Notes de terrain

Renaissance

Rendez nous la nuit

Rivage

Sillon

Voie

Chaque œuvre — réalisée ou non — se construit autour d’une question qui dépasse le projet lui-même :

Qu’est-ce qui circule dans un lieu ?

Comment un milieu se transforme-t-il quand on l’écoute autrement ?

Qu’est-ce qui relie ce qui se sépare ?

Comment soutenir un territoire fragilisé — sans le figer, sans le réparer ?

Qu’est-ce qu’un espace commun aujourd’hui ?

Comment un lieu porte-t-il la mémoire de ceux qui l’habitent ?

Comment une forme peut-elle révéler ce qui circule sous la surface ?

Que devient un geste lorsqu’il rencontre un paysage, un quartier, un milieu ?

Comment réparer sans figer, relier sans capturer, activer sans conquérir ?

Qu’est-ce qui fait qu’un territoire devient commun ?

Comment rendre visible ce qui se dérobe : la tension, la faille, la vibration ?

TERRITOIRE ouvre des hypothèses plutôt que des formes.
Il ne montre pas “quoi faire”, mais comment habiter.

Texte critique

Le cycle TERRITOIRE explore les forces qui nous attachent aux lieux, les traversent, les menacent, les transforment. Il se construit comme une traversée : de l’amarrage au flux, de l’alerte à la transmission. Chaque œuvre y inscrit un rapport direct, charnel, parfois conflictuel, entre le corps et le monde.

1. RETENIR

Amarre #1, Amarre #2

Le cycle s’ouvre sur le geste primordial : retenir.
Amarrer, c’est accepter d’être pris dans une tension — être maintenu, soutenu, contraint. Ces deux pièces posent les fondations du cycle : avant toute circulation, avant toute mémoire, avant tout récit, il y a l’attache, le point qui tient. Le territoire commence là où quelque chose résiste au mouvement et nous tient à lui.

2. Circulation

En Corps (arbre recousu), Pouls, Confluence, Rhizome – Péccot, Voie

Ici, le territoire circule : sève, souffle, bifurcations, lignes souterraines.
Les formes tracent une cartographie intime, où chaque geste devient un trajet et chaque matière un courant. Elles relient ce qui se sépare, amplifient ce qui palpite, réveillent ce qui affleure.
Ces œuvres composent un réseau vivant où le geste devient collectif : la circulation n’est plus un motif, mais une expérience commune.

3. Alerte

Tocsin, Rendez-nous la Nuit, Sève, Conservatorium

Ici, le territoire se tend et se réorganise.
L’alerte n’est pas un signal mais un contact — une vibration qui précède la conscience.
Tout y demeure question, seuil.
Elles ouvrent un espace d’attention où sentir devient déjà une manière de répondre.

4. Digestion – transmission

Héritage #1, #3, #4, Rivage, En Corps – Péccot, Mille Feux – Péccot, Renaissance, Flux, Sillon

Ici, le territoire travaille ce qu’il porte.
Les œuvres fouillent ce qui reste, ce qui insiste, ce qui se transmet.
Rien n’y est figé : les formes se digèrent, se déplacent, se transforment.
Ce mouvement ouvre des lignes nouvelles : une mémoire en circulation, une renaissance possible, un sillon qui cherche sa direction.

Le non-advenu

Beaucoup de projets de TERRITOIRE n’ont pas été réalisés.
Ces œuvres fantômes ne sont pas des manques, mais une autre couche du cycle.
Elles témoignent de ce qui excède le geste, de ce qui résiste aux conditions matérielles, institutionnelles ou environnementales.
Le non-advenu devient une forme à part entière : lieu de friction, de désir, d’impossible, mais aussi espace de projection — un territoire latent, toujours en devenir.