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Ammare – DYPTIQUE

Ensemble : AMARRE
Ces deux gestes, l’un urbain, l’autre littoral, forment un diptyque :
ils interrogent l’appartenance, l’attachement, le soin, et la manière dont nous tentons de maintenir en place ce qui se délite — qu’il s’agisse d’un quartier, d’un atelier, d’un paysage ou d’un lien.

Ammare #1

2017 — Performance in SITU réalisée à IVRY SUR SEINE

Cordage marin, façade, espace public.
J’occupe depuis plusieurs années un atelier promis à la démolition.

Dans ce contexte de précarité urbaine, j’ai choisi de coudre le bâtiment au trottoir et aux murs voisins, comme on rattache un corps fragile à son environnement pour qu’il tienne encore.
Les points de suture rouilles soulignent la vulnérabilité du lieu, mais affirment aussi son ancrage, son attache au territoire, sa place dans la ville.

Ce geste n’est ni revendication ni décoration : c’est une invitation à reconnaître l’atelier comme un espace vivant, porteur d’usages, de gestes et d’histoire.

AMARRE #1 questionne :
– à qui appartient la ville ?
– que devient l’atelier quand la fabrique de la ville se referme sur lui ?
– comment maintenir une présence créative dans un quartier en mutation ?

Par un geste à la fois radical et réparateur, cette couture expose la nécessité du soin à prendre du bâti autant que l’attachement à ce qui nous relie : le voisinage, la mémoire, le sol.

AMARRE #2

Projet proposé en 2017, Île d’Yeu (non réalisé)
Cordage marin, rochers de l’estran

Sur la côte sauvage de l’île d’Yeu, j’imagine coudre entre eux les rochers de l’estran, là où la mer recouvre puis découvre la terre deux fois par jour.

Cette ligne de sutures rouges, visible puis effacée au rythme des marées, révélerait l’impermanence du littoral, la fragilité de ce qu’on croit stable, mais aussi notre désir d’en prendre soin.

AMARRE #2 désigne une terre qui s’effrite, des rochers qui se fissurent — et, par extension, une planète qui part en morceaux.

La suture devient un geste de soin : un acte à la fois poétique et politique face à l’érosion et à la montée des eaux, une manière de retenir — symboliquement — ce qui nous échappe.